J’exerce en tant que masseur-kinésithérapeute D.E. en service hospitalier. Dans mon activité professionnelle, je suis amené à suivre de nombreux patients dans différents services spécialisés.
Depuis presque 15 ans, je suis quotidiennement en relation avec des médecins spécialistes (pneumologues, cardiologues, psychiatres, chirurgiens thoraciques, chirurgiens digestifs, chirurgiens vasculaires etc.)
J’ai pu faire le constat que le patient est orienté dans un service en fonction de l’organe symptomatique et que les médecins traitent spécifiquement les organes qui leurs sont attitrés.
Le pneumologue va traiter le Poumon, le cardiologue le Cœur etc. Moi-même dans ma pratique je restais centré sur le diagnostic de maladie.
Or, j’ai découvert lors de ma formation en Acupression mixte (présentiel et en ligne), qu’un autre regard pouvait être porté sur la pathologie et qu’un problème d’asthme par exemple pouvait provenir d’un vide d’énergie du Rein. L’énergie envoyée par le Poumon n’étant plus ancrée par le Rein, elle remonte et provoque la symptomatique de l’asthme.
Dans ce cas précis, il sera conseillé en M.T.C. (Médecine Traditionnelle Chinoise) de traiter le Rein (la racine) pour soigner une pathologie à première vue pulmonaire. Sans pour autant empêcher de traiter le poumon (la branche) lors de la phase aiguë de la maladie. Cette prise de recul voulu par la M.T.C. fait partie d’un fondement théorique fondamental bien plus large qui est la « théorie de la globalité ».
Ayant eu l’opportunité de voir le patient et la pathologie sous un autre angle et de pouvoir proposer un traitement alternatif à mon action habituelle, j’ai souhaité faire la présentation de cette théorie et exposer concrètement comment ce concept a pu influencer l’élaboration du bilan et du traitement en M.T.C.
I. PRESENTATION DE LA MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
La médecine traditionnelle chinoise est une médecine millénaire, empirique, et énergétique.
Elle est le fruit de la culture chinoise influencée par la philosophie du Confucianisme et du Taoïsme. Cette médecine savante s’est développée initialement en Chine puis au Japon, en Corée et ensuite dans le monde entier.
C’est un système médical qui analyse le champ des maladies humaines et en propose un traitement efficace.
Le traitement en M.T.C. qu’il soit par acupuncture, acupression, Tui Na ou formule de pharmacopée se base sur un bilan énergétique qui va s’effectuer en deux étapes :
1) L’étape des 4 diagnostiques (Si ZHEN)
Cette étape consiste à recueillir les signes et les symptômes chez le patient de 4 manières différentes.
1. L’observation « Wang Zhen »: Le praticien recueille tous les signes visibles pendant la consultation (Morphologie, dynamisme corporel, examen du teint ou de la langue) 2. L’olfaction et l’audition « Wen Zhen »: Recueil des odeurs (transpiration, haleine..) et
des sons (intonation de la voix, toux, hoquet, bruits respiratoires, craquements articulaires..)
3. L’interrogatoire « Wen Zhen »: le praticien se positionne comme un enquêteur et cette investigation lui permet de récolter toutes les informations non captables précédemment (l’histoire de la maladie, les antécédents familiaux et la subjectivité du patient face à ses symptômes et ses ressenties)
4. La palpation « QIE Zhen »: Cette étape permet de recueillir des informations principalement lors de la prise des pouls mais aussi sur la qualité ou la température de la peau par exemple.
2) L’analyse des informations
Après avoir recueilli, classé et hiérarchisé les informations, le thérapeute va dans un premier temps les discriminer selon le concept des « Ba Gang », les huit principes de la formation théorique de l’Acupression. Ainsi il va pouvoir définir la pathologie en déterminant si elle est plutôt de type chaleur ou froid, externe ou interne, de type vide ou plénitude et si elle est de type Yin ou yang.
Cette classification ne permet pas un diagnostic direct mais évite au thérapeute de partir dans une mauvaise direction.
Dans un 2etemps, le praticien élabore un double diagnostic, le diagnostic de maladie « Bianbing » (Asthme, maladie de parkinson etc..) d’une part et le diagnostic de syndrome « Bianzhen » d’autre part. Ce dernier défini un processus (Vide de yang des Reins, montée de yang du Foie etc..)
Cette combinaison du diagnostic de maladie et de syndrome est une spécificité de la médecine chinoise.
II. THEORIE DE LA GLOBALITE
1) Introduction
L’harmonie est un concept central, elle est le synonyme de santé en M.T.C., harmonie de l’individu avec lui-même, harmonie psychique et harmonie entre l’homme et la nature.
Le 1er ouvrage de référence en M.T.C. a été écrit il y a plus de 2000 ans, c’est le classique de l’empereur jaune de la médecine interne.
On y retrouve des théories essentielles qui sont à la base de la pratique, qui ont traversé les siècles et qui sont encore en usage aujourd’hui comme la théorie du YIN/YANG, la théorie des méridiens ou des ramifications ou encore la théorie des 5 mouvements.
Certaines théories sont fondamentales, c’est le cas de la théorie de la globalité. En chinois, « Zhengti Guannian » signifie littéralement : la conception de la globalité du corps humain.
Cette conception de la globalité se manifeste sous la forme de 4 fondements.
2) 1er fondement, le microcosme
Le 1er fondement consiste à considérer que l’être humain constitue un ensemble global et indivisible. L’ensemble des parties du corps communiquent de façon continue, c’est le microcosme.
C’est sur ce concept que se base certains examens incontournables lors de l’étape des 4 diagnostiques « Si Zhen » du bilan énergétique.
Si on considère que l’ensemble des parties du corps communiquent de façon continue alors il est compréhensible que le déséquilibre d’un organe puisse se manifester sur une partie du corps éloignée et à première vue sans rapport avec celui-ci.
Le concept du microcosme complété par les milliers d’années d’expérience de la médecine chinoise permet aujourd’hui, via l’observation ou la palpation d’une partie du corps, de recueillir des informations sur l’état général des viscères.
– Observation de la langue par exemple qui a été cartographiée :
Le bout de la langue sera associé au foyer supérieur et nous donnera des informations sur le cœur ou le poumon (une pointe rouge par exemple pourra nous faire penser à un feu du cœur ou de la chaleur au poumon).
La partie centrale est associée au foyer moyen (les bords rouge nous mettront sur la piste d’un feu du foie par exemple ou une fissure central sur un déséquilibre rate/estomac) Le fond de la langue lui est représentatif du foyer inférieur.
– Observation du teint et des marques sur le visage :
Une analyse approfondie de la couleur du visage permettra au thérapeute de récolter des informations précieuses.
Une couleur tirant sur le vert impliquera le Foie alors qu’une couleur jaune pâle est considérée comme une manifestation d’un déséquilibre de la rate ou de l’estomac.
– Palpation des pouls Radiaux :
C’est un examen tactile de l’artère radiale qui permet de recueillir des indications sur une zone du corps en déséquilibre et éloignée mais aussi sur l’état de l’énergie, du sang ou des liquides organiques.
Cette méthode est une particularité majeure du diagnostic en médecine chinoise, les praticiens de toutes les époques y ont attaché la plus grande importance et l’ont continuellement enrichi de leur expérience.
La prise de pouls se fera d’un côté puis de l’autre, simultanément sur 3 loges différentes au pouce, à la barrière et au pied (réciproquement à hauteur des points 9, 8, et 7 du méridien du Poumon).
Le praticien récolte donc des informations sur le Cœur en examinant la loge 1 du côté gauche (pli du poignet), sur le Foie à la loge 2 et sur la qualité yin du Rein au niveau de la loge 3. Du côté droit, il recueillera des informations sur le Poumon au niveau de la loge 1, la Rate sur la loge 2 et la qualité yang du Rein au niveau de la loge 3.
Si le concept de microcosme est utilisé lors de la phase de diagnostic, il l’est également lors de la phase de traitement par acupuncture ou acupression via les méridiens énergétiques. Si on considère que le déséquilibre énergétique d’un organe peut se manifester à des endroits différents sur le corps, et bien la réciprocité est vraie pour le traitement. Ainsi en agissant sur l’extrémité d’un membre on peut traiter un problème à la tête, un problème abdominal ou encore respiratoire.
Ce qui peut être difficile à concevoir dans le cadre de la médecine occidentale.
Certains points sont réputés pour avoir des actions à distances, sur une zone ou sur un symptôme précis.
Pour exemple,
-le 4e point du méridien du gros intestin « He Gu » situé précisément sur le bord radial du milieu du 2e métacarpe aura une action ciblée sur les différents problèmes liés aux dents, à la tête et au visage.
-le 40e point du méridien de la vessie « Wei Zhong » situé au centre du creux poplité sera privilégié en cas de douleurs des lombes ou en cas de douleurs rhumatismales qui vont et viennent.
Il y a également certaines catégories de points qui sont associées à un effet ciblé.
C’est le cas des points shu dorsaux qui transportent le Qi aux viscères.
Chaque viscère Yin ou Yang a un point shu qui sera privilégié dans le traitement de l’organe associé.
C’est aussi le cas des points shu antiques classés en 5 catégories de points ayant des actions ciblées sur le corps :
« Jing » (puits) ; « Yong » (source) ; « Shu » (rivières) ; « Jing » (fleuve); « He » (mer) Le Qi sort au point puits, il ruisselle au point source, coule à flot au point rivière, afflue au point fleuve et se jette au point mer.
Pour exemple, c’est au point rivière qu’émerge le Qi originel à la surface du corps et ces points en traitement auront pour réputation de tonifier l’organe en relation avec le méridien. Ainsi on pourra agir sur le 9P « Tai Yuan » au niveau du pli du poignet pour combler un vide de Qi ou de yin du poumon, sur le 3Rte « Tai Bai » en arrière de la tête du 1er métatarse pour traiter un vide de Rate ou encore le 3R « Tai Xi » situé entre la malléole interne et le tendon d’Achille pour traiter le Rein.
3) 2ème fondement, relations entre microcosme et macrocosme
Ce 2ème fondement place l’homme entre le ciel et la terre en relation avec l’univers (macrocosme).
Donc non seulement il y a des liens permanents qui existent à l’intérieur de la petite sphère de l’être humain comme vu précédemment mais celui-ci est également en communication constante et en interaction avec le reste de son environnement (Social, naturel ou cosmique)
C’est sur le fondement de cette théorie que sont établis des liens entre la physiologie humaine et les climats ou la température extérieure, ce sont les « Wai Yin », ou causes externes. C’est un concept qui peut être difficile à saisir pour un néophyte mais ces causes externes sont des caractéristiques naturelles ou artificielles de l’environnement du patient (froid, sécheresse, humidité, canicule, etc..) qui prennent à défaut les capacités d’adaptation d’un organisme dont les défenses sont affaiblies.
Ces causes incluent autant le fait d’attendre l’autobus pendant 30 min à -30 degrés que de travailler à l’année dans un entrepôt frigorifique, autant un séjour dans un environnement très sec que dans un atelier mal aéré, autant l’occupation d’un sous-sol humide affecté par des moisissures que le travail dans les rizières.
Ces influences climatiques sur l’homme sont souvent minimisées voire déniées en médecine occidentale et pourtant, à titre d’exemple, en rhumatologie, les patients relatent presque systématiquement l’augmentation de leurs douleurs par temps humide ou l’amélioration de certaines douleurs lors de changements de température.
La vision anatomique et chimique nous fait perdre de vue les liens que nous entretenons avec notre milieu environnant. Or ces liens sont extrêmement importants et permettent un enrichissement de la compréhension de la médecine.
Pour étudier le climat, les géophysiciens analysent le système terre-atmosphère (effet du soleil sur les saisons, influence de la lune sur les océans etc.) et si on ne considère pas ce système comme un tout, on ne peut pas comprendre l’action des planètes, du soleil, des vents etc.
De la même manière, pour analyser l’influence du climat sur l’homme, nous devons concevoir l’homme et son atmosphère, c’est-à-dire le champ immédiat qui l’entoure. Ce champ correspondant aux radiations que l’on émet et que l’on reçoit dans un secteur d’interaction privilégiée proche de nous.
Si on ne considère pas le corps et son environnement immédiat (et lointain) comme un tout, on ne peut comprendre l’influence du soleil, des autres planètes et du climat dans la genèse de la santé et de la pathologie.
Le praticien, lors de sa phase d’interrogatoire, récolte des informations sur le mode de vie du patient et tiendra compte d’une exposition à une variation brutale ou anormale du climat environnant.
Il pourra en conclure un caractère pathogène exercé sur le patient.
Si un facteur externe a pu être l’élément déclencheur d’une pathologie, il peut y avoir inversement une action bénéfique de l’environnement sur la pathologie. Ainsi, un vide d’énergie Yang sera amélioré par l’apport de chaleur externe et un vide d’énergie Yin par le froid.
La tendance instinctive du corps à rechercher le froid ou le chaud chez le patient sera une source d’information supplémentaire pour l’établissement du diagnostic.
4) 3e fondement, relations entre l’être humain et les cycles du temps
Là où les 2 premiers fondements ne concernaient que l’espace, le 3efondement fait intervenir une notion temporelle.
Dans le Chou-King de Confucius, on lit qu’il y a 4000 ans, « Yao ordonna aux ministres Hi et Ho d’observer le ciel et de suivre exactement les mouvements des astres, du Soleil et de la Lune, afin de faire connaître au peuple les temps et les saisons par la rédaction d’un calendrier. »
Dans la chine antique, le repérage du cycle nycthéméral a commencé à se faire avec un bâton planté verticalement : un « Gnomon ». Les chinois prétendent avoir connu le Gnomon dès le XXVe siècle avant J-C.
C’est l’empereur Fou Hi qui planta son bâton dans la Terre et observa l’ombre de celui-ci, fabricant ainsi le 1er cadran solaire. Notant que l’ombre atteignait sa plus courte longueur au milieu de la journée, il appela ce moment « midi » et tout naturellement fit face au Sud là où le soleil se trouve à cette heure. Ainsi, il avait le levant à sa gauche et le couchant à sa droite.
Ensuite, constatant que l’extrémité de l’ombre parcourait un demi-cercle lors du mouvement apparent du soleil pendant le jour, il en déduisit l’existence de l’autre demi-cercle pendant la nuit. (Mouvement non apparent du soleil)
Il avait ainsi défini qu’à la différence de l’espace qui était bornable et mesurable, le temps décrivait un cercle et ne pouvait être que cyclique.
Il pouvait reporter sur ce cercle deux axes perpendiculaires : midi/minuit en correspondance avec l’axe nord/sud et aube/crépuscule en correspondance avec l’axe est/ouest. Il venait de définir la croix Taoïste.
Selon la théorie de la globalité, il est considéré que les cycles physiologiques de l’être humain sont en interaction avec les cycles du temps.
Ceux-ci s’expriment sous la forme de cycles horaires, journaliers, mensuels, annuels etc..
Selon le cycle circadien, une grande quantité de Qi circule pendant 2 heures à travers un méridien précis et son organe.
Il est donc rythmé par un mouvement de flux et reflux et ne circule pas de façon invariable dans les organes.
Ces derniers connaissent donc des périodes de vide et de plein énergétique semblable à une marée.
En terme d’heure solaire, le Qi est au plus haut dans le méridien de l’Estomac entre 7h et 9h du matin, de la rate entre 9h et 11h, du cœur entre 11h et 13h, de l’intestin grêle entre 13h et 15h, de la vessie entre 15h e 17h, du Rein entre 17h et 19h, du maître cœur entre 19h et 21h, du triple réchauffeur entre 21h et 23h, de la vésicule biliaire entre 23h et 01h, du Foie entre 1h et 3h et du poumon entre 03h et 05h.
Inversement, le QI est au plus bas dans le méridien12h après la marée haute.
Cette horloge des organes permet au thérapeute de mieux dépister, diagnostiquer ou évaluer une maladie physique ou psychique.
-Une douleur ou un réveil qui apparaît toujours à la même heure peut indiquer la présence d’une perturbation énergétique au sein de l’organe.
-Des symptômes d’excès et des états de plénitude énergétique se font ressentir lorsque le circuit fonctionnel se trouve en période d’activité maximale (Les trouble s’aggravent). Inversement, de symptômes d’insuffisance et des états de vide énergétique se révèlent lorsque les organes entrent dans leur phase de repos.
Tout cela implique que le diagnostic ou le traitement peuvent dépendre du moment où ils sont appliqués.
Par exemple, le diagnostic par les pouls ne peut pas s’interpréter de la même façon selon les saisons. De la même manière, un traitement en acupression ou acupuncture peut être ajusté sur le cycle circadien en fonction de l’organe à traiter.
5) 4e fondement, lien entre les dimensions psychiques, spirituelles et somatiques de l’être humain
Pour la Médecine traditionnelle chinoise, il n’y a pas de séparation entre le corps et l’esprit. Les émotions sont en fait considérées comme une des causes internes des maladies par opposition aux causes externes que sont les facteurs climatiques vu précédemment.
Dans le courant de pensée occidentale, on parle de psychosomatique pour décrire l’influence ou l’incidence que peuvent avoir les émotions ou le psychisme sur des manifestations corporelles et éventuellement sur certains symptômes.
Or selon ce 4efondement de la conception de la globalité du corps humain, cette dimension est moins restrictive en M.T.C. car à double sens.
Si le psychisme exerce des influences sur le corps, le corps dans ses manifestations physiologiques altère ou modifie également le fonctionnement psychique et spirituel de l’être humain.
La théorie de ce 4efondement repose sur 3 aspects différents.
a. Chaque émotion est en relation spécifiquement avec un organe
Conformément à la théorie des 5 éléments, la M.T.C. associe des émotions précises à des organes ou sphères organiques qu’elles sont susceptibles d’affecter particulièrement.
Il est bien sûr normal et sain de ressentir des émotions dans un bon équilibre mais c’est l’excès ou le refoulement de ces dernières qui est considéré comme pathogène. Ainsi, une émotion trop forte ou en excès peut altérer le fonctionnement physiologique d’un organe.
Par exemple, une très grande peur pourra affecter la sphère du Rein et se traduire par de l’incontinence urinaire.
La colère et l’irritabilité sont les émotions du Foie et pourront ressurgir si une personne consomme trop d’aliments surchauffant pour cet organe filtre tels que l’alcool ou les gras saturés.
La joie, quant à elle associée au Cœur est une émotion très agréable mais à l’excès, elle pourra se traduire par un état de surexcitation et d’hyperactivité susceptible par exemple d’entraîner des palpitations ou d’empêcher une personne de s’endormir.
La tristesse vécue sur une trop longue période pourra pour sa part affecter le Poumon, organe qui procure au corps de l’énergie via l’oxygène, ce qui se traduira par de la fatigue, de l’essoufflement, une voix faible, des rhumes fréquents…
Enfin, la rumination ou les soucis qui peuvent se traduire par des obsessions, un excès de réflexion ou le surmenage intellectuel constant sont associés à la sphère digestive via la Rate. Mais le lien étant à double sens, un déséquilibre de cette sphère amènera la personne à nourrir des ruminations constantes (le syndrome du Hamster) voire à développer un trouble de l’attention.
Lors de la phase d’interrogatoire du bilan énergétique, le praticien s’intéresse à l’état psychique et émotionnel du patient afin de recueillir des informations capitales à l’établissement de son diagnostic.
b. L’interaction entre les différentes émotions
Les émotions ne sont pas indépendantes les unes des autres et peuvent interagir entre elles. Par exemple, la colère peut blesser le Foie comme vu précédemment mais une grande tristesse peut contrôler, anéantir ou restreindre la colère.
Il y a donc une interaction permanente entre les différentes émotions où chaque émotion est soumise à l’action des autres.
L’ensemble du processus psychologique est donc impliqué dans un jeu de régularisation et de normalisation constante.
Cette notion est utilisée par le thérapeute lors de son traitement.
Il pourra par exemple induire une émotion particulière afin de restreindre ou de diminuer l’incidence d’une autre émotion.
c. Les émotions agissent sur le dynamisme général du corps
Au-delà de l’action sur les organes et entrailles, chaque émotion exerce une action sur l’ensemble des mouvements de circulations de l’Energie dans le corps.
La Joie qui est perçue comme un sentiment positif va favoriser notre santé en activant la circulation du Qi et du Sang.
La colère excessive affecte le Foie et génère naturellement un mouvement ascendant du Qi et de la circulation sanguine (Irritabilité, insomnies, maux de têtes par exemple)
La peur, quand elle est démesurée, va affaiblir le Qi des Reins et le forcer à descendre donnant lieu à des cas d’incontinence urinaire ou fécale et de faiblesse des membres inférieurs.
Lorsqu’il est extrême, le souci va entraver le Qi de la Rate affectant ainsi le travail de la digestion et ouvrant la porte aux pensées obsessionnelles. Le souci pourra mener également à une stagnation prolongée du Qi du Cœur.
La tristesse vécue de manière extrême va épuiser le Qi du poumon et provoquer une stagnation généralisée de l’énergie vitale, ce qui va diminuer fortement la fonction des organes internes.
Des émotions refoulées ou non exprimées vont engendrer un blocage de la circulation du Qi du Foie.
CONCLUSION
La théorie de la globalité est un concept qui place l’être humain comme un élément de l’univers parmi d’autres. Il fait partie d’un tout.
Ce concept considère que l’homme est soumis aux mêmes lois naturelles que tous les autres éléments vis à vis de leur environnement.
Ainsi, l’observation de la nature permet d’avoir une compréhension particulière du fonctionnement du corps humain.
Ce concept considère également qu’à l’intérieur de la sphère de l’être humain, tous les éléments sont régis par les mêmes lois qu’à l’extérieur.
Chaque organe, chaque cellule fait également parti d’un tout.
Cette approche différente de la médecine occidentale permet une recherche et une compréhension différente de la pathologie
Elle permet également une autre approche de traitement à distance qui ne sera pas forcément ciblée sur le Poumon chez un patient hospitalisé en Pneumologie ou sur le Coeur chez un patient hospitalisé en Cardiologie.
Je n’ai abordé que partiellement les spécificités du bilan et encore plus sommairement les traitements.
Ayant une formation de thérapie manuelle je me suis naturellement orienté vers une formation sur le traitement par acupression mais il existe de multiples méthodes de traitement en M.T.C. (Acupuncture, Pharmacopée, Qi Qong Tuina, Ventouses, Bâtons etc..) Tout cela mérite amplement d’autres articles à part entière.
BIBLIOGRAPHIE
-Vidéo Pr Marié ; Théorie de la globalité
-Vidéo Pr Marié ; Le diagnostic en M.T.C.
-Aricle en ligne médecine intégrée ; La palpation en M.T.C.
-Article en ligne Léon René de Cotret ; Les climats (ou causes externes)
-Article en ligne RMFA ; Climat et santé
-Article en ligne Médecine intégrée ; Le temps et l’espace
-Article en ligne Calebasse ; Les sept émotions en M.T.C.
-Article en ligne Léonard Katz ; M.T.C. : Les organes, indications énergétiques et émotionnelles
-Article en ligne Acupuncture du Nord ; La psychologie et les émotions en médecine chinoise -Extrait sur la M.T.C de Li Wu ; la chronobiologie